Leçons de vie, de mort et d’amour

Quelques extraits du livre traitant de la biographie de Bernard Tapie : Leçons de vie, de mort et d’amour de Franz-Olivier Giesbert.

Tout ce que j’ai fait, c’est toute l’histoire de ma vie, je n’aurais jamais pu le faire sans les autres.

Les champions ne s’arrêtent jamais. C’est même à ça qu’on les reconnaît.

[…] je me disais qu’il ne fallait pas que je reste un employé si je voulais continuer à vivre ma vie comme j’en avais envie, en bossant et en me marrant en même temps…

Quand tu fais un effort physique et que tu n’en peux plus, c’est que tu viens d’arriver à la barre des 50 %.

[…] il faut toujours prendre ses précautions et tout bordurer pour ne pas laisser aux gens la tentation de mal se comporter.

« Pour s’améliorer, disait Churchill, il faut changer. Donc, pour être parfait, il faut changer souvent. » «

Quand tu innoves, t’as tous les connards contre toi, c’est normal ! »

Comme dans toutes mes boîtes, je ne cherche pas à faire plaisir, je dis les choses crûment et, en même temps, j’apprends, je change facilement d’avis.

Dans toutes les décisions de ma vie, l’irrationnel compte parfois beaucoup plus que le rationnel.

L’une de mes grandes chances est d’avoir subi l’injustice, mais, au lieu de m’anéantir, elle m’a galvanisé. J’en ai éprouvé la haine de l’establishment, ces nantis de la noria de la finance. Je les vomis parce qu’ils sont lâches, égoïstes et pas très intelligents.

Les personnages formatés […] ont tous quelque chose de scolaire, d’étriqué. « Même quand ils semblent avoir toutes les qualités, […] , il leur manque la principale : la force d’âme, de caractère, qui fait les grands. Ils sont fragiles, ils n’ont pas de coffre, ils perdent vite leurs moyens.

Je sais que je vais épater tout le monde en montrant ce qu’on peut faire sur un dossier qui est très mal engagé.

Quand j’arrivais dans un nouveau milieu […] je ne jouais pas le jeu, comme si je ne voulais pas me laisser contaminer par ses habitudes, ses conformismes.

Mais il est vrai qu’on ne m’ouvrait pas non plus les portes. Les journalistes et les magistrats de cette espèce se disent qu’ils ont largement les qualités intellectuelles des dirigeants qu’ils interviewent ou interrogent. Mais comme ils n’ont pas eu les couilles de sortir de leur routine, ils te font payer pour la vie qu’ils n’ont pas eue et croient avoir méritée.

Si elles ne l’atteignaient pas, Tapie n’aurait pas eu besoin de déclarer sans cesse qu’il n’était pas touché par l’espèce de campagne de presse permanente contre lui : il n’était pas seulement plein de larmes, comme on l’a déjà dit, mais aussi d’une sensibilité hors du commun. Par moments, il me semblait qu’il saignait de partout.

Mais qu’est-ce que tu t’emmerdes à vouloir faire le processus normal, conseiller général, député, ministre, tout ça ! Bernard, ils vont te tuer. — Et toi, alors ? — Moi, je ne laisserai pas au système le temps de réagir. Je grillerai les étapes, je passerai directement à l’élection majeure, pour la présidence du Conseil, sans prendre le risque de trébucher lors des étapes intermédiaires. — Moi, je veux être maire de Marseille. »

Tapie dit comprendre tous ces magistrats ultra-politisés qui ne s’attaquent quasiment qu’à la droite : « Ces gens-là ont fait des études très poussées et, quand ils rentrent chez eux, ils ont sous le bras des dossiers sur lesquels ils doivent travailler le soir et le week-end. Tout ça pour un salaire de merde, comparable à celui du sixième collaborateur de l’avocat qu’ils ont en face d’eux !

« Il y a des services si grands qu’on ne peut les payer que par l’ingratitude », disait Alexandre Dumas. « Le succès, dit un proverbe japonais, c’est tomber sept fois, se relever huit. »

Faisons tous en sorte que notre vie soit la plus belle possible, mais, de grâce, ne nous prenons pas la tête avec la mort qui était prévue le jour de notre naissance, MEEERDE ! »