Une incompréhension profonde persiste autour de la notion de sécurité de l’emploi.
Beaucoup pensent que le CDI est un gage de stabilité. En réalité, la véritable sécurité ne repose pas sur un contrat, mais sur la compétence.
Plus une compétence est utile, rare et recherchée, plus elle donne à celui qui la maîtrise une forme d’indépendance durable. À l’inverse, un CDI n’est qu’une illusion de sécurité : rien n’empêche une entreprise de se séparer d’un salarié, même après 15 ans de bons et loyaux services.
Prenons un exemple : un manager sans compétences techniques, ou pire encore, une fonction support déconnectée de la production, peut très bien être licencié du jour au lendemain. Une fois dehors, il devient peu attractif sur le marché de l’emploi. Son poste, souvent lié à une organisation interne, est difficilement monnayable en indépendant, car il ne répond pas à une demande directe du marché.
À l’inverse, un soudeur, métier manuel souvent sous-estimé, peut perdre son poste, mais retrouvera rapidement un emploi. Son savoir-faire est concret, visible, immédiatement utile. Il peut même créer sa propre structure. Et avec un minimum de compétences commerciales — relativement faciles à acquérir lorsqu’on vend un service réellement utile — il n’a plus besoin d’intermédiaires pour trouver des clients.
Le savoir spécifique vaut toujours plus que le statut.
Un ingénieur qui souhaite se libérer de la dépendance salariale a donc tout intérêt à cultiver son expertise technique, à se perfectionner, à devenir incontournable dans son domaine.
Ce n’est pas le titre qui protège ou émancipe. Ce sont les compétences tangibles et monnayables.