

Depuis l’ancien continent, on parle souvent du Canada comme d’une terre de tolérance, de liberté, d’ouverture. On s’imagine un peuple bienveillant, accueillant, progressiste. On projette un rêve.
Mais ce que j’ai trouvé ici, c’est une illusion. Un vernis. Une mascarade. Lentement, au fil des expériences, j’ai vu tomber les masques. Et ce que j’ai découvert m’a poussé à une conclusion simple : je ne resterai pas.
Le mode passif agressif
C’est la manière locale de communiquer. Plutôt que d’assumer un désaccord ou une directive, on emploie des tournures mièvres, tordues, hypocrites. Ce que d’autres appellent « passif-agressif », moi je l’appelle lâcheté. C’est de la fourberie en col blanc. De la manipulation à base de sourires. Incapables de dire les choses en face, ils les insinuent, les contournent, les étouffent.
La hiérarchie
On prétend que la hiérarchie est horizontale ici. Faux. Elle est simplement dissimulée. Elle se cache derrière des mots gentils et des rituels absurdes, mais elle pèse tout autant. Elle broie les volontés par la politesse. Ici, l’autorité ne s’assume pas, elle s’insinue. Et c’est encore plus toxique.
Le manque de solidarité
Ce pays n’a pas connu de crise majeure. Pas de guerre, pas de révolution. Résultat : un peuple mou, sans colonne vertébrale, sans mémoire commune. Des individus isolés, tournés vers eux-mêmes, égoïstes à en crever. Des enfants-rois jamais devenus adultes, allergiques au sacrifice, incapables d’effort collectif.
On évolue parmi des narcissiques qui passent leur temps à s’auto-renifler le trou de balle. Comment faire confiance à quelqu’un qui ne pense qu’à sa petite sécurité émotionnelle ?
Les relations aseptisées
Ici, les relations sont superficielles, fades, dévitalisées. Motivés par la peur, ils évitent tout ce qui pourrait heurter, bousculer, émouvoir. Communiquer avec les locaux, c’est tenter un échange avec des coquilles vides. Des fantômes sociaux. Des humains inachevés.
La délation
La délation est un sport national. On dénonce son voisin, son collègue, un passant dans la rue. Il existe même des numéros spéciaux pour ça. On a construit ici une société de surveillance mutuelle, de contrôle horizontal, de petits chefs anonymes. Je les appelle les bisounours collabos : gentils en façade, mais capables des pires trahisons pour préserver leur confort.
La solitude
À force de peur, de faux-semblants, d’individualisme maladif, il ne reste qu’une chose : la solitude. Et cette solitude infecte la population entière. Dépression collective. Vide existentiel. On accuse l’hiver ? Foutaises. Ce n’est pas le climat, c’est l’absence d’âme. C’est l’asphyxie sociale. Le système est construit pour isoler, étouffer, affaiblir. Et la boucle se referme.
Conclusion
« Si t’es pas content, casse-toi, sale Français. » Très bien. Vous n’aurez pas à me le dire deux fois.
J’avais mis beaucoup d’espoirs ici. J’ai cru aux promesses. Je me suis trompé. Les gens vivent ici comme des larves sous anxiolytiques, persuadés d’être heureux dans leur cage dorée.
Moi, je veux vivre. Me battre. Éprouver ma force. Je choisis le réel, pas la version édulcorée qu’on m’a vendue. Je ne veux pas de cette morale de faible, je ne veux pas de vos demi-mesures.
Je pars. Et je ne reviendrai pas. Je vais chercher la vie ailleurs — brute, intense, vraie.